LE BOURBONNAIS

avant 1276 Allier et sud-est du Cher après 1276

 

  Le coin du militant

 

Le Bourbonnais a mille ans d'existence. Il fut le dernier et le plus puissant des duchés de France au XVème siècle. Mais depuis, l'histoire ne l'a pas épargné. Aujourd'hui il fait partie des provinces les plus méconnues du grand public, et parfois même hélas d'une partie de ses habitants. En cause : la négligence de certains médias, par facilité ou par ignorance, et la complicité coupable d'une partie des élus et des acteurs économiques, qui n'hésitent pas à se comporter en véritable 5ème colonne auvergnate (ou berrichonne selon la région), au mépris des habitants, de leur culture et de l'histoire. 

Réagissons contre les injustices de l'histoire : 

- 16ème siècle : confiscation abusive du Bourbonnais par François 1er après un procès inique (dont vous trouverez le détail à la rubrique "histoire").

- Révolution française : démantèlement de la province, divisée entre deux départements, l'Allier et le sud du Cher (sans compter les pertes au profit des autres départements limitrophes).

- fin du 20ème siècle : rattachement de l'Allier à une région administrative portant le nom d'une autre province (l'Auvergne) n'ayant pas la même culture.

- depuis, les manoeuvres d'acculturation continuent par le biais de la création de diverses structures s'attachant à nier l'identité bourbonnaise : création du "Pays de Vichy Auvergne", du "Pays Berry Saint Amandois",  de la communauté de commune "Berry Charentonnais", du "Territoire Bourbon Pays de Moulins Auvergne", et tout récemment de l'aberrante "métropole Clermont Vichy Auvergne". Saluons quand même au passage les méritoires communautés de communes "Nivernais-Bourbonnais" et "Sologne Bourbonnais Nivernais", situées toutes deux dans la Nièvre, ainsi que la toute récente "Réserve Naturelle Régionale Val de Loire Bourbonnais", preuve qu'il reste encore un peu d'espoir.

Mobilisons-nous tous ensemble pour ne pas passer aux oubliettes de l'histoire, résistons à "l'auvergnatisation" (et à la "berrichonnisation") ! 

Aujourd'hui, le Bourbonnais n'a aucune reconnaissance officielle : le noyau dur de la province, qui constitue le département de l'Allier, se trouvait depuis 1972 (date de la création officielle des régions) incorporé à la région administrative Auvergne. Or les limites de cette région administrative ne coïncidaient pas avec l'Auvergne historique. Plus connue du grand public et s'appuyant sur sa métropole de Clermont-Ferrand, l'Auvergne n'a cessé depuis lors de tenter de faire passer les Bourbonnais pour des Auvergnats, et le territoire bourbonnais pour une simple région naturelle d'Auvergne. A tel point qu'aujourd'hui beaucoup de Bourbonnais ignorent tout de leur province et sont convaincus d'être Auvergnats.

Dans ce que j'appellerais les "territoires du nord-ouest", c'est à dire la partie bourbonnaise du Cher, l'assimilation a commencé encore plus tôt. L'essentiel du département du Cher étant Berrichon et Bourges étant proche de St Amand Montrond, il y a eu depuis la Révolution une tendance visant à nier le caractère bourbonnais du sud du département (processus facilité là aussi par une plus grande notoriété du Berry auprès du grand public). Les mêmes causes produisant les mêmes effets, une bonne partie des Bourbonnais du Cher croient dur comme fer être Berrichons !

Et je ne parlerai même pas des petites communautés bourbonnaises isolées dans les autres départements, que ce soit le Puy-de-Dôme, la Nièvre, la Creuse, la Loire ou la Saône et Loire, dont la survie tient de l'exploit.

  Pour résumer, le Bourbonnais a plusieurs handicaps:

- un manque d'unité : il est divisé entre deux entités administratives.

- pas de reconnaissance officielle : aucun échelon administratif  ne porte son nom.

- une faible notoriété : il est peu connu du grand public car pas médiatisé.

- pas de "locomotive" : il n'a pas de grande métropole capable d'assurer un rayonnement culturel et économique suffisant, ni susceptible de servir de pôle d'attraction.

- des "forces vives" souvent complices : les acteurs politiques, culturels, touristiques et économiques bourbonnais ne sont pas toujours sensibles (et c'est un euphémisme de le dire) à la défense de notre identité. Ils jouent même souvent contre leur camp s'ils pensent pouvoir en tirer avantage, et dans ce cas leur influence peut se révéler désastreuse.

une population plutôt passive et peu au fait : les bourbonnais sont peu sensibilisés dans leur ensemble à cette problématique, surtout chez ceux qui n'ont pas connu "l'avant 1972". Par ignorance de leur propre histoire, ils se laissent facilement berner par le discours officiel des acteurs visés ci-dessus, ou ont jeté l'éponge de peur de paraître ridicules et passéistes.

- une situation démographie difficile : la natalité bourbonnaise est en berne depuis des décennies. Résultat, la population de l'Allier et du sud-est du Cher diminue. De plus, la mobilité géographique (contraintes liées à l'emploi, prix du foncier) fait que beaucoup de Bourbonnais ont quitté la région,  alors que sont arrivés, surtout en zones frontalières, des Auvergnats (au sud) et des Berrichons ( au nord ouest) ; sans parler des personnes venant de plus loin et n'ayant aucune attache ni culture locale. Conséquence : l'identité bourbonnaise est marginalisée, brouillée et diluée. L'Allier affiche ainsi un solde naturel de -0,3% et un solde migratoire de +0,3% (source INSEE période 2007-2012).

Illustration : petit exemple de comptage de plaques minéralogiques dans les rues de Vichy pendant l'hiver 2015 (hors période touristique). Même en considérant que tous les "03" sont Bourbonnais, ce qui est très optimiste, ils ne constituent qu'une courte majorité de l'échantillon :

Numéro de la plaque Nombre Pourcentage du total
03 652 55,8 %
63 189 16,2 %
autres départements 321 27,5 %
pays étrangers 6 0,5 %
Totaux 1 168 100,0 %

Le nouveau découpage des régions prévu début 2016 change quelque peu la donne :

Pour la région Centre, pas de changement. En revanche les régions Auvergne et Rhône-Alpes ont fusionné. S'il est évident que l'Allier ne pèse plus rien dans ce nouveau mastodonte, cela lui permet au moins de sortir du face-à-face étouffant avec la région Auvergne. La nouvelle grande région comprend en effet plusieurs cultures (bourbonnaise et auvergnate, mais aussi forézienne, dauphinoise, savoyarde, lyonnaise...) au sein desquelles la composante auvergnate n'est plus prédominante. Le rôle de Clermont-Ferrand, réduite à une simple préfecture excentrée et reléguée au 4ème rang après Lyon, Grenoble et St Etienne, est appelé à se réduire. Le Bourbonnais doit profiter de cette chance inespérée pour stopper l'assimilation culturelle dont il est victime depuis plus de 40 ans et retrouver sa place dans le concert des identités régionales. 

 Bourbonnais c'est l'heure de saisir notre chance

Mais cela ne se fera pas sans une prise de conscience des Bourbonnais eux-mêmes. Il y a quarante ans, quelqu'un dans un bureau a mis 4 départements ensemble sur une carte et a appelé cela "Auvergne" parce que ça ressemblait vaguement à la province éponyme. Cela suffit-il à gommer 1000 ans d'histoire ? Moulins est bourbonnaise depuis toujours (fondation vers 990), St Amand Montrond et Montluçon depuis le XIIème siècle (aux alentours de 1120 et 1188), Vichy depuis 1374, et tout cela aurait été rayé d'un coup de plume administratif en quelques décennies ?

Demandons à ce que les territoires du nord-ouest soient rattachés à l'Allier et que ce nouveau département prenne le nom de Bourbonnais. Demandons aussi à ce que le dialecte bourbonnais soit inscrit sur la liste des langues régionales de France.

En toutes occasions n'hésitez pas à défendre notre identité ! 

Nous c'est : les Ducs de Bourbon, le vin de St Pourçain, les cosmétiques et les pastilles de Vichy, le pâté aux pommes de terre et la pompe aux grattons, les boeufs charolais et l'âne bourbonnais, la forêt de Tronçais, l'opéra de Vichy, le prieuré de Souvigny, le château de Bourbon l'Archambault, le triptyque du Maître de Moulins, le Jacquemart et la Mal Coiffée, la débredinoire de St Menoux, le chapeau à deux bonjours etc...

Nous n'avons rien à voir avec : les volcans, l'ASM, Vercingétorix, VGE, le bibendum, la truffade ni les vaches salers (pas  plus avec le palais Jacques Coeur, le vin de Sancerre ni l'âne grand noir du Berry).

Le jeu des 11 erreurs, NE PAS CONFONDRE :

BOURBONNAIS (charolais) AUVERGNE (salers)
BOURBONNAIS (bocage) AUVERGNE (volcans)
BOURBONNAIS (Moulins) AUVERGNE (Clermont-Fd)
BOURBONNAIS (Souvigny) BERRY (Bourges)
BOURBONNAIS (âne bourbonnais) BERRY (âne grand noir du Berry)
BOURBONNAIS (pâté aux pommes de terre) AUVERGNE (truffade)
BOURBONNAIS (AS Moulins) AUVERGNE (AS Montferrand)
BOURBONNAIS (pav. Anne de Beaujeu) BERRY (palais Jacques Coeur)
BOURBONNAIS (Marx Dormoy) AUVERGNE (Georges Pompidou)
BOURBONNAIS (Connétable de Bourbon) AUVERGNE (Vercingétorix)
BOURBONNAIS (Bourbon l'Archambault) AUVERGNE (Tournoël)

 

NON NOUS NE SOMMES PAS AUVERGNATS !!! 

(ni Berrichons !)

VIVE LE BOURBONNAIS LIBRE ET REUNIFIE 

de Moulins à Montluçon et de Vichy à St Amand-Montrond !

Les Bourbonnais ne sont ni Auvergnats, ni Berrichons, ni Bourguignons, ils ont le droit d'être connus et reconnus pour eux-mêmes. On peut considérer que l'origine des Bourbonnais remonte à 2000 ans, lorsque les Boïens (Celtes arrivés avec les Helvètes pendant la guerre des Gaules) se sont installés entre Loire et Allier en 58 av. J-C, puis se sont mélangés aux Éduens (mais aussi aux Arvernes, Bituriges et Romains) déjà présents(1). A cet ensemble original, à cette zone de rencontres, les Bourbons ont donné une unité politique et culturelle, de l'An Mille à la Révolution, forgeant une conscience collective qui perdure jusqu'à maintenant et continue de différencier les Bourbonnais de leurs voisins. La preuve : les habitants de l'Allier sont toujours désignés par le gentilé "Bourbonnais", plus de deux cents ans après la Révolution !

(1) cf Description Générale du Pays et Duché de Bourbonnais par Nicolas de Nicolay, 1569.

Un problème de confiance en soi malgré une riche histoire

Après l'intégration de la Bourgogne à la France en 1482 et le décès d'Anne de Bretagne en 1514, le Bourbonnais se trouve être le dernier des grands fiefs féodaux encore autonome,  faisant de l'ombre à la Couronne par sa richesse et l'étendue de ses possessions (c'est ce qui précipite sa chute,  puis son incorporation à la Couronne en 1531). C'est le Bourbonnais qui a conquis l'Auvergne (1211) et qui l'a administré pendant un siècle (1425-1523) - en 1972 la région aurait donc dû s'appeler Bourbonnais, et pas Auvergne ! C'est le Bourbonnais qui a mis la main sur la Marche, le Beaujolais, le Forez et la Dombes, lui qui a manqué de peu d'avaler tout le Berry (qui n'a dû son salut qu'à son intégration in extremis dans le domaine royal), lui qui a réussi à tailler des croupières même à la puissante Bourgogne, lui encore qui a servi de rempart contre les Anglais d'Aquitaine pendant la Guerre de Cent Ans. Il a par la suite fourni au pays sa plus célèbre dynastie royale, les Bourbons, dont les lointains descendants règnent encore en Espagne mais aussi au Luxembourg via les Bourbons-Parme. Aujourd'hui l'Allier est le deuxième département français en nombre de châteaux, maisons fortes et gentilhommières, témoins de cette histoire longue et agitée. Le Bourbonnais n'a pas à rougir devant les autres provinces et devrait être aussi connu que les plus médiatiques d'entre elles. 

Malheureusement ce n'est pas le cas. Et pour cause. Cela viendrait-il à l'idée d'un élu normand de vanter les charmes de la Bretagne, ou un Béarnais se revendiquerait-il comme Basque ? Non bien sûr, et pourtant c'est cela qui se passe chez nous tous les jours ! Certains (que j'appellerais les "auvergnolâtres" et autres "berrydolâtres")  pensent que notre culture et notre identité ne sont pas dignes d'intérêt et qu'il vaut mieux se raccrocher à des provinces -soi-disant-  plus "porteuses". Un exemple navrant : le site internet de l'Office de Tourisme de l'Allier nous accueille avec ce slogan "L'Allier, cette Auvergne douce, intime et élégante". Comme s'ils n'avaient rien trouvé à mettre en avant qui nous soit propre, comme si on n'avait aucune identité, aucune richesse, rien d'intrinsèque à proposer depuis 1000 ans. C'est lamentable ! Les Offices de Tourisme de Vichy et même de Moulins ne font pas mieux, qui proposent dans leur boutique autant sinon plus de références sur l'Auvergne et ses habituels clichés (mais qui a déjà vu des vaches salers à Vichy ou des volcans à Moulins ???) que sur l'Allier et le Bourbonnais. Et ne parlons pas de la mairie de Vichy (pour ne citer qu'elle), dont toute la communication est axée sur Clermont-Ferrand et l'Auvergne, faisant fi de l'identité de ses propres administrés !

Alors, pour contrer ce qu'il convient d'appeler un ethnocide culturel, et nous réapproprier notre histoire,

SOYONS FIERS D'ÊTRE BOURBONNAIS !

que nous soyons de l'Allier, du Cher, de la Nièvre, du Puy de Dôme, de la Creuse, de la Saône et Loire, de la Loire ou d'ailleurs

Quelques-uns  de ceux qui ont lu cette page pensent peut-être que l'auteur est un peu illuminé, ou "bredin" comme on dit chez nous, et que son combat est un combat d'arrière-garde. Pourquoi ? Parce qu'il ose défendre une région et une culture méconnues ? Toutes les revendications régionales ont commencé dans l'anonymat et on a toujours tenté de discréditer les précurseurs de ces mouvements en les ridiculisant. Pourtant, que ce soit en Bretagne, en Corse, au Pays Basque, en Ecosse, en Flandre, en Catalogne, au Québec etc... les combats ont débuté modestement avant de faire tache d'huile. Aujourd'hui ces cultures sont reconnues et apportent leur contribution aux autres, alors qu'elles ont pu être à un moment menacées d'extinction. Alors tant pis pour les moqueurs et les incultes, le Bourbonnais existe et a toute sa place au sein des identités régionales françaises, n'en déplaise à certains. J'espère que cette page aura permis à quelques autres, plus avertis, de prendre conscience de l'importance de sauver notre patrimoine culturel et notre identité, à l'heure où, avec la mondialisation, de plus en plus de gens sont justement en quête d'identité.

Pour finir sur une note optimiste, je terminerai mon plaidoyer par cette citation de Gandhi : 

"D'abord ils vous ignorent, puis ils se moquent de vous, ensuite ils vous combattent, et enfin vous gagnez"

 

  Alors demain, tous unis pour le Bourbonnais !

 

   

 

 

 

 

 

 

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